Yulia Yefimtchuk

Comme chaque année, le Festival International de Mode et de Photographie à Hyères, laissait entrevoir de biens belles choses et pour  cette 29ème édition, toute la presse se pressait pour découvrir les créations de 10 stylistes venus d’Europe (France, Belgique, Pays-Bas, Autriche, Estonie et Lettonie) et d’ailleurs (Japon !).

Avril 2014, se dessinait le destin professionnel de quelques jeunes stylistes et photographes…
Avril 2014, en pleine crise ukrainienne, on découvrait aussi le travail d’une jeune créatrice venu de Kiev : Yulia Yefimtchuk.
Yulia Yefimtchuk-inkulte-portait

Lors du défilé, les premiers modèles se succédaient, présentant tour à tour, des créations toutes aussi riches, travaillées, pleine de technicité, de savoir-faire.

On ne pouvait que se réjouir de cette présentation, si bien que lors de la présentation des modèles de Yulia Yefimtchuk, l’audience fut surprise, étonnée par cette “simplicité” sans doute.

La multitude de matières nobles et de couleurs laissaient place à une austérité, tant dans les formes que la palette de couleurs, qui laissa perplexe plus d’un chroniqueur.

Après ces quelques instants de flottement (personnellement !), cet étonnement s’est mué en un véritable coup de coeur. LA beauté des choses simples, une vague graphique, sans oublier le rappel évident à la situation politique d’un pays quasi exsangue… pensa-t-on !

Une toute approche allait nous être offerte dès le lendemain, lors de notre rencontre avec l’artiste. C’est très spontanément qu’elle confia “ne prêtait que peu d’attention à ce qui se passait dans son pays… Mon pays est jeune et il y aura encore d’autres révolutions, après celle-ci“.

La collection de Yulia Yefimtchuk, avait été pensée bien avant les événements et il fallait chercher les origines dans la période de “constructivisme russe” et ses codes de représentation très marqués graphiquement. L’utilisation de cercles et rectangles, de ligne droite, de couleurs spécifiques (noir, le blanc, rouge), le tout estampillé par des messages de propagande. On retrouve certains de ces massages dans les inscriptions présentes sur les vêtements de Yulia Yefimtchuk :

“труд”

(Ndlr : travailler).

Une collection qui dénonce autant “la commercialisation capitaliste de la féminité que l’endoctrinement absurde du communisme, en bref l’instrumentalisation du corps de la femme“.

Yulia Yefimtchuk semble avoir séduit le public et les professionnels, elle sera récompensée par la

Mention spéciale du jury, distinction Opening Ceremony

Plus d’info =>
http://www.villanoailles-hyeres.com/hyeres2014/

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