Rencontre avec Fred Le Chevalier

J’aime me perdre dans les rues d’une ville… laisser l’instinct choisir une direction , une autre, au gré des découvertes faites sur les murs.

En janvier dernier, j’avais eu ma chance de croiser des collages très particuliers, proche de l’univers de la BD (enfin d’une certaine BD !) dans le quartier du Faubourg St Antoine de Paris.

Le rendez-vous était donc inévitable, je devais en savoir plus sur celui que se cachait derrière le pseudo de Fred Le Chevalier.

Merci à lui pour sa disponibilité.

Q1 / Bonjour Fred et merci de nous accorder un peu de ton temps. Tu pourrais te présenter à ceux qui n’auraient pas encore croiser une de tes créations dans la rue ?

Je dessine donc sous le nom de “Fred Le Chevalier” depuis six ou sept ans maintenant, comme une façon de renouer avec un plaisir d’enfance que nous avons tous partagé et auquel nous avons presque tous renoncé à un moment donné. J’ai créé de petits personnages en noir et blanc entourés de symboles, de monstres protecteurs, d’animaux hybrides formant un petit monde pas vraiment daté, un peu hors temps.

J’ai choisi de placer ces dessins à la fois sur papier et avec la rue comme support en les collant sur les murs parisiens et là où j’ai l’occasion d’aller en ballade, libre ensuite à chacun de s’y attarder ou non.

 



Q2 / J’ai été impressionné par le nombre de collage que l’on trouve dans la rue ces jours-ci. Tu travailles de quelle manière pour être aussi productif ?

Merci mais je ne partage pas cette impression. je crois seulement que mes collages interpellent davantage les gens depuis que je suis passé à de plus grands formats et avec l’effet du temps, les photos qui circulent sur le net.

J’ai un boulot donc malheureusement peu de temps pour dessiner. Par contre ma “vraie vie”, en dehors du salariat est focalisée sur cette passion. Une journée à coller c’est une journée réussie et je préfère coller des nouveaux en plus d’anciens. Je fonctionne donc par cycle, je dessine, colle les nouveaux en plus d’anciens, ce sont des agrandissements retouchés et coloriés à la main puis j’ai besoin de nouveaux dessins pour continuer à y prendre plaisir.

Je colle deux à trois fois par semaine, moins cela me manque, une dizaine de dessins par sortie avec des points fixes, des lieux de prédilection mais aussi le hasard des déplacements, des promenades.




Q3/ Tu pourrais établir ton Top 5 des artistes pour lesquels tu pourrais oublier tes bonnes manières ?

Je vais éviter le top 5, étant sur d’oublier quelqu’un, cela m’épargnera aussi le soucis de hiérarchiser.

Parmi mes muses et super héros il y a d’abord Béatrice Myself, une créatrice tourangelle aux dessins plein de douceur, de poèsie, c’est elle qui m’a donné envie de dessiner à nouveau.

David B , un auteur de bandes dessinées axées sur le rêve, l’enfance, des univers d’enfants peuplés aussi par la mort, des personnages historiques, utilisant le noir et blanc pour des récits très denses.

Mirka Lugozi, artiste de grand talent, des dessins trés fins avec de la douceur et le charme d’eros.

Terry Gilliam parce que les Monty Python sont mes héros pour l’éternité.

Pour s’arrêter à cinq… Tristan des Limbes parce que je me sens proche d’elle dans sa démarche et que sa progression me fait plaisir.

 

Q4/ Le mouvement Street Art n’a jamais été aussi populaire. Tu te situerais où dans cette effervescence artistique urbaine ?

Il y a un effet de flux et de reflux permanent en effet et l’on est visiblement dans un effet de mode autour d’une pratique qui n’a rien de nouveau finalement.

J’apprécie le foisonnement, le fait de voir de nouvelles personnes sur les murs, une richesse, c’est plutôt stimulant pour tous. Je me sens dedans et dehors dans la mesure où jusqu’à peu de temps je ne connaissais pas grand monde dans ce milieu ni n’avait de “visibilité”. Je découvre ce petit monde avec quelques expositions, les échanges sont assez riches et spontanés avec des personnes très différentes les unes des autres ?

Communauté de démarches parce que j’imagine que toutes les personnes qui s’expriment dans la rue ont une certaine fraicheur et des yeux d’enfants qui brillent. L’aspect marchand m’emballe beaucoup moins, je n’étais pas spécialement préparé à ce qu’on vienne vers moi comme un produit et cela ne me fait pas vraiment rêver.



Q5/ Sans contrainte de temps, de lieu et de moyens, comment envisagerais-tu ta prochaine oeuvre ?

Hum… je ne suis pas dans la transgression, je ne cherche pas de murs “chocs” mais si j’avais le temps… le temps de dessiner…p oser ce serait quelque chose de dense. Beaucoup de personnages, des inter actions entre eux, des éléments de décos, comme une fresque sur papier.




Q6 / Tu imagines ton travail en dehors de la rue ? Galeries, musées… ?

Oui sans soucis, je viens de participer à mes premières expositions avec grand plaisir. la première a été un peu folle et bousculante émotionnellement.

Il y a eu beaucoup de monde, comme je te le disais des personnes ne se ressemblant pas, d’âge, de milieux, dans leurs goûts. Cette dimension là c’est la rue qui le permet, le fait d’aller au contact des gens et non pas d’attendre qu’ils franchissent un espace clos.

Rester dans cette ambition et exposer en galerie n’est pas impossible, plus compliqué peut être mais pas impossible.

Je ne pense pas qu’il y aurait d’engouement aussi fort pour mes dessins si je ne les faisais pas vivre dans la rue. Mon travail est en développement, cela reste une activité neuve dans une vie mais dans un cadre ou sur un mur cela reste du dessin avec des émotions à l’intérieur.

[vimeo]http://vimeo.com/38378252[/vimeo]

Pour en savoir plus :
Page Facebook de Fred Le Chevalier

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5 réponses

  1. DELANOUE Gérard dit :

    . Bravo Fred pour tes collages et pardonnes-moi d’avoir voulu m’approprier un de tes
    dessins ; ils sont comme les rues…ouverts à tous!
    .Merci donc pour ta compréhension ce soir, place des rigolles, jour de mes 60 printemps.
    .Je rencontre parfois Jaber ( art brut ) dans le quartier avec lequel je papote ;
    Il arpente lui aussi de nombreux bitumes.
    .Continuez ! On vous aime, messieurs les artistes !

  2. Nous avons eu le bonheur d’accueillir aujourd’hui Fred le Chevalier en notre jardin qui s’est peuplé de ses personnages mystérieux et terriblement élégants.
    Merci à lui !

    • Christa dit :

      Bonjour. Merci pour votre message.
      Vous aviez découvert le travail de Fred avec l’article qu’il avait consacré à notre site ?
      N’hésitez pas à m’envoyer des photos de cette exposition que je puisse en parler sur ma page Facebook et inviter les gens à venir vous rendre visite !

      Walter

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