A la rencontre de Mademoiselle Maurice

J’ai découvert le travail de  par le plus grand des hasard… Sa dernière création à base d’ a fait comme l’effet d’une bombe virale sur la toile. La délicatesse et la poésie de son travail semblent avoir touchés une très large audience.
Avant de partir s’exiler quelques temps en Asie, elle a eu la gentillesse de bien vouloir répondre à quelques questions…
Bonne lecture.

Q1 / Bonjour Marie et merci de nous accorder un peu de ton temps. Tu pourrais te présenter à ceux qui ne connaitraient pas encore ton travail ?

Bonjour, merci d’abord à toi pour cette interview.
Pour te répondre, je suis . J’aime créer à partir d’idées impulsives et de matériaux inattendus, ou du moins mis en scène de manière inattendue…

J’adore travailler avec des matériaux simples pour les rendre complexes (papier, carton, fils).
J’aime ne m’imposer aucune limite, me faire plaisir et tenter de soulever les consciences sur des sujets qui me tiennent à cœur telles que les relations humaines, la nature, les interactions de l’un sur l’autre, mais de façon positive et colorée pour tenter d’éviter toute lourdeur et grisaille…



Q2/ Tu pourrais établir ton Top 5 des artistes pour lesquels tu pourrais oublier tes bonnes manières ?

Sans aucune hésitation BANKSY pour commencer…
Et puis il y a VHILS, JR, EVOL
Et aussi NILS UDO.

Ca fait 5… mais il y en a tellement d’autres; mais bon après je suis pas du genre “fan en extrême hystérie“…c’est ma tendance à relativiser.
Et puis il y a ce qu’on fait, et ce que l’on est… souvent les 2 se rejoignent, mais pas toujours…

Q3/ Le mouvement Street Art n’a jamais été aussi populaire. Tu te situerais où dans cette effervescence artistique urbaine ?

Oulàlà.. J’ai du mal à me dire que je suis une street-artiste parce que je colle des papiers sur les murs.
Pour moi le street-artiste c’est celui qui a grandi dedans, qui pose la nuit avec ces montées d’adrénaline.
Moi j’ai grandi à la montagne, mes grands parents étaient paysans, alors le plus street-art que j’ai fait c’est de la gravure sur branche de noisetier tu vois…
Le reste j’y arrive pas trop…mais je les admire…beaucoup.

J’interviens en plein jour et me force à dialoguer avec les habitants du quartier (coriaces assos parfois) et de négocier avec la police quand elle vient me voir alors c’est pas trop “vandale”…
Mais est ce que le street-art doit être “vandale”? Pas forcément…

C’est une question de vocabulaire après…



Travailler dans l’espace publique et proposer son travail aux yeux de tous… est ce que c’est ça le street-art , peut-être, je ne sais pas… Bon du coup, pour ce que je fais, je parle d’intervention urbaine… mais je reste fière quand même si on parle de street-art… Du coup on peut mettre tout et rien de ce mouvement… c’est cool d’un côté… mais si j’étais un graffeur qui maîtrise la bombe comme un Dieu, ça me refroidirai peut-être un peu…



A ma manière, je m’amuse, je fais des arc-en-ciels dans la ville, pour le moment… (il y a quelques semaine j’ai posé un “FUCK” en dentelle alors bon….) mais dans tous les cas, c’est quelquechose d’éphémère et puis avec une conscience environnementale, j’y tiens… quelqu’un sur Twitter a parlé de “post street-art“… pourquoi pas… mais ça fait un peu pédant que je dise ça après…

Perso je me sens plus proche des gamins qui gribouillent des trucs à la craies sur les trottoirs… voilà ou je me situe..

Q4/ Sans contrainte de temps, de lieu et de moyens, comment envisagerais-tu ta prochaine œuvre ?

Déjà j’y réfléchirai super bien au préalable, parceque ce serait un truc énorme, style à la christo… soyons utopistes !

Je rêverai de l’élaboration d’une oeuvres “fragmentées”, qui se répartira aux 4 coins de la planète, sur des murs énormes, avec des couleurs dans tous les sens…

Et puis et surtout j’aimerai beaucoup travailler avec des origamis ou encore des fils (dentelle ou broderie) mais sur un format complètement fou, quelquechose de géant… Et puis j’aimerai aussi réfléchir à la création d’origamis qui subsistent dans le temps…je ne sais pas, en fine feuille d’acier plié.. c’est à étudier…

J’aimerai, au lieu de forme géométriques simples, faire apparaitre des mots, des chiffres, des visages…
Mais par contre je rêve d’un format démesuré et d’une œuvre qui soit accessible pour tous, tous les milieux, toutes les nationalités, tant au niveau de la géographie que du niveau de lecture…

Je veux avant tout faire de “l’art” qui rapproche et non qui éloigne les individus et les pensées.

 


Dernier projet en date (octobre 2012) en compagnie de 2 autres street-artistes: JBC et Suriani: 

Charly et sa Drôle de Dame – Nature urbaine

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Pour en savoir plus sur Mademoiselle Maurice :
http://www.mademoisellemaurice.com
https://twitter.com/#!/mllemaurice
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Commentaires

  1. roy dit :

    Merci pour cette interview.

    Comme beaucoup, j’ai été touché par la poésie de cette forme de streetart. J’ai beaucoup aimé aussi le fait que ça soit non destructeur et éphémère.

    1. Christa dit :

      Merci Roy pour ce commentaire. J’ai aussi été touché par l’éphémérité des créations, quant au côté non destructeur c’est en effet un point important à noter…